Donner libère l'amour

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Donner,source insoupçonnée de l'amour

Chère N,

Je voudrais revenir sur la courte vidéo que je t'avais envoyée récemment, dans laquelle on développe l'idée selon laquelle on ne donne pas parce qu'on aime mais on aime parce qu'on donne.

Je ne suis pas sûr qu'on puisse en saisir le sens par une écoute rapide. D'ailleurs tu avais réagi en disant que l'amour ne peut pas consister uniquement à donner, mais qu'il faut qu'il y ait réciprocité.

Or l'orateur ne disait pas le contraire. Il disait tout simplement que ce qu'on aime chez l'autre, c'est ce qu'on y a mis de nous-même. Et plus on y met, plus notre amour grandit.

Pense à une plante à laquelle tu prodigues des soins en l'arrosant régulièrement et en veillant à ce qu'elle se porte bien. Plus tu lui donnes de l'attention, donc de l'énergie, plus tu t'attaches à elle et tu l'aimes. Il en va de même pour les relations entre êtres humains.

Ce constat ne contredit pas l'idée de réciprocité. Si, de part et d'autre, deux êtres se concentrent sur ce qu'ils donnent l'un à l'autre, c'est merveilleux. Dès que l'attention se porte sur ce que l'autre nous donne, des calculs et des comparaisons entrent en ligne de compte et le courant risque d'être interrompu.

Le propre de l'amour authentique est de vivifier à la fois son auteur et son destinataire. C'est un flot qui baigne tout ce qu'il rencontre sur son chemin, parce qu'il embrasse tout en lui-même.

Pense comment lorsque tu te sens remplie de bien-être, tu trouves beau et tu aimes, sans raison, tout ce qui tombe sous ton regard et, à l'inverse, comment le mal-être que tu peux ressentir parfois « contamine tout ton monde ».

Notre attitude à ce sujet dépend du niveau de conscience qu'on a atteint. Tant qu'on n'a pas compris que tout ce qu'on pense, dit et fait, ce sont des graines que nous semons dans notre propre champ de conscience et que nous les récolterons tôt ou tard, nous restons prisonniers des calculs de pertes et profits. Et nous nous posons sans cesse la question de savoir si on a donné à l'autre plus que ce qu'on a reçu de lui.

Et puis j'ai constaté que pour celui qui n'est plus prisonnier de tels calculs, le plaisir de donner est plus grand et plus profond que celui de recevoir. Car, s'il est authentique, l'amour qui jaillit de nous sort des profondeurs de notre être et nous traverse avant d'aller vers l'autre, alors qu'il n'est pas du tout certain que celui qui nous vient des autres va nous toucher aussi profondément.

Tout ce qui est dit suppose qu'on donne et on reçoit l'amour, alors que ma conviction profonde est que nous sommes amour. Et que si nous le laissons circuler librement à l'intérieur de nous et qu'il n'est pas bloqué ou entravé par des croyances limitantes, il déborde spontanément sur tout ce qui entre dans son champ de couverture.

Sa source est à l'intérieur de nous, jamais à l'extérieur qui ne fait que nous le renvoyer par réflexion.

Amitiés